Notre histoire
L’amour du bon et de la tradition !
Les débuts
C’est en août 1914 qu’Arthur Chartrand, natif de Saint-Stanislas-de-Kostka et aide-boulanger, acquiert la boulangerie du village de Saint-Antoine-Abbé. Il offre à sa clientèle des produits plus traditionnels qu’aujourd’hui : de grosses miches de pain blanc appelées « jacobin », des pains de son (pain très brun, sucré à la mélasse), des buns (douzaine de petits pains un peu sucrés cuits dans un moule carré), des biscuits, des gâteaux aux fruits et des gâteaux de noce.
La 2e génération
Son fils Gérald, le plus jeune d’une famille de 7 enfants, travaille à la boulangerie, ainsi que son frère Marcel. Ils aident à la production du pain. Marcel a d’ailleurs pu éviter de se faire enrôler pour aller à la guerre (Deuxième Guerre mondiale) parce qu’il était « aide » dans la boulangerie, Gérald étant encore trop jeune pour aller se battre.
C’est en 1969 que Gérald et son épouse Myrette Roy deviennent les propriétaires de la Boulangerie Chartrand. Marcel y travaille toujours comme livreur. À la production des tartes et des beignes, ils ajoutent quelques variétés de pains, tel que le pain aux raisins et des tourtières. Ils ont un fils Louis-Philippe, en 1958 et un second en 1962, Bernard.
Louis-Philippe a travaillé à la boulangerie durant 17 ans, de 1976 à 1993 et a fait, comme Marcel avant lui, la livraison du pain à domicile.
La relève se prépare
Bernard est la relève pour la production de la boulangerie. Dès sa sortie du secondaire en 1979, il travaille à temps plein pour la boulangerie de ses parents. Il décide de suivre des cours du soir à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec en boulangerie-pâtisserie, pour parfaire ses connaissances dans le domaine. C’est à cet endroit qu’il fait connaissance de Lynne Lavallée, seule fille étudiante dans le même cours. Elle est native du Nouveau-Brunswick, mais réside avec sa famille à Châteauguay. Lynne travaille à ce moment-là dans la pâtisserie de son frère Jean-Marie.
La troisième génération
Lynne et Bernard commencent tout d’abord par louer la boulangerie familiale pour 2 ans en 1989. Ils décident ensuite de se lancer complètement dans l’aventure en août 1991 en l’achetant officiellement. Ils sont mariés et ont trois enfants : Valérie, Jean-Philippe et Cynthia. Ils offrent une plus grande variété de produits d’année en année. S’ajoutent à ceux déjà bien établis, d’autres variétés de pains (maintenant plus de 20 sortes), des pâtisseries, plusieurs gâteaux, des plats cuisinés et le dernier venu, le chocolat. Lynne a d’ailleurs suivi plusieurs formations à l’Institut Barry Callebaut pour parfaire ses techniques dans le domaine très complexe du chocolat.
La 4e génération
Les trois enfants de Lynne et Bernard ont tous travaillé pendant un moment à la boulangerie, mais c’est Valérie qui décide de s’y plonger officiellement. À 18 ans, elle débute des études à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, comme ses parents. Elle réussit avec succès une Techniques en gestion de service alimentaire et de restauration. Elle est de retour à la boulangerie avec tout ce nouveau bagage en 2007. Elle affine les techniques de gestion déjà en place et elle travaille à la production.
Valérie a officiellement pris la relève de l’entreprise familiale en janvier 2024, en plus de lancer une toute nouvelle entreprise à même la boulangerie, soit le 1914 Glaces & Sorbets. Elle est déterminée à faire évoluer l’entreprise, tout en étant enracinée dans les valeurs profondes avec lesquelles elle a grandi.
Notre four à pain
La Boulangerie Chartrand se distingue par son trésor qui a maintenant plus de 150 ans. Le four à pain a été conçu dans le bâtiment qui abritait déjà à l’époque une boulangerie. Le four a été construit en 1861 par des génies ! Génies parce que ce four est encore et toujours utilisé à chaque matin de production. Rares sont les équipements qui durent aussi longtemps ! Ce four est en fait une voûte et une sole en briques à l’intérieur et en pierre des champs à l’extérieur.
La porte du four a été conçue à la fonderie William Rodden and Company, dans Griffintown, à proximité du canal Lachine, berceau de l’industrialisation au pays. Cette fonderie a été une des plus importantes de Montréal dans la deuxième moitié du XIXe siècle.
De légères modifications au four à pain
Le four à pain a eu son lot d’embûches à travers les années ! Il était chauffé au bois à l’origine, mais dans les années 1960, il a dû être converti à l’huile car il était difficile de gérer la grande quantité de bois requise pour le four. Dans ces mêmes années, la devanture du four, qui donne à l’intérieur de la boulangerie, a dû être recouverte de ciment, parce que les pierres commençaient à s’effriter. La sole a ensuite été changée de la brique au ciment dans les années 1980 parce qu’elle commençait à s’affaisser. C’est à l’été 2012 qu’il a dû connaître sa plus grande transformation. La voûte s’étant effondrée au 2/3, il a fallu en remplacer une partie par une voûte en ciment. Malgré ses transformations, on peut dire qu’il tient toujours debout et qu’il fait la particularité de la Boulangerie Chartrand. Une partie du four original est intact, la porte est toujours celle d’origine et l’extérieur du four est toujours en pierre des champs. Le four est doté d’une très grande surface, ce qui permet de cuire environ 150 gros pains en une seule fournée !
Comment fonctionne le four à pain ?
Le boulanger doit commencer sa journée par chauffer le four (une grande flamme est projetée à l’intérieur à l’aide d’un brûleur à l’huile), durant environ 1 heure 30 minutes et le laisser reposer approximativement de la même durée. Les briques (et le ciment maintenant) emmagasine la chaleur et les pains peuvent être cuits par la suite. Dans ses débuts, le four à pain cuisait tous les produits de la boulangerie. Maintenant, il est utilisé tous les jours pour les pains et quelques plats cuisinés, la chaleur étant trop forte et moins constante pour les fragiles biscuits et gâteaux. Bon appétit !